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Jason Hawks - [Livre III 'Rising'] - 3e Partie - Le Lys Rouge

le Ven 01 Déc 2017, 21:42


"Lui et moi... Deux chefs... Soutenant deux idéologies différentes. Il laissait le crime envahir la ville, tenant le LAPD comme un singe tiendrait une mitraillette, pendant que je retrouvais le goût de lui faire bouffer la justice équitable. Un homme sous la tutelle de Toro qui se dressait encore fièrement comme chef à la place du chef. Et j'étais à deux doigts d'appuyer sur la gâchette tel un ange vengeur.
Mais de ma part, il ne venait recevoir qu'un Lys Rouge..."







Chic salon avec une pauvre ambiance. Mon cerveau n'arrivait pas à faire le lien de ce paradoxe, tandis qu'il n'arrivait déjà pas à connecter les éléments entre eux. Elle se tenait là, affalée dans ce fauteuil, tandis qu'à l'opposé, le vieux Fitzermann était dans son canapé, son verre à la main. Les deux me fixaient comme si j'étais la réincarnation du Diable, et moi je réfléchissais encore à comment Kaya Fitzermann pouvait se tenir face à moi après avoir eu du cyanure comme supposé dernier repas. Je venais observer la pièce dans ce long moment de silence, sans trop savoir quoi faire, tandis que mes deux mains rejoignaient le dossier du fauteuil dans lequel j'avais prit mes aises, dans une tenue de clochard. Je grimaçais, observant la netteté du travail d'artisan effectué dans la demeure, dont chaque recoin était en parfaite harmonie avec le reste de la pièce. La lumière ambiante accompagnait les courbes de l'architecture, les quelques rayons s'échappant venant s'écraser sur Kaya, lui donnant cet air presque angélique qu'elle n'avait pas du tout, de ses yeux froids et de sa posture de marbre. Mark, quant à lui, était bien plus expressif sans l'être. En réalité, le simple fait de remuer le contenu de son verre le rendait déjà plus expressif que Kaya... Et le silence devenait plus que gênant, alors que la vieille horloge laissait le mécanisme de son aiguille le briser à chaque seconde.

"Mmmh... Kaulins n'est pas là ?
Ailleurs.
Ah..."


J'avais du mal à entamer la conversation avec celle que j'avais conduit à la mort. Je laissais un long soupir s'échapper, marquant le début de mon ennuie et de mon agacement, tandis que le vieux Fitzermann, qui désormais, se contentait de fixer le contenu de son verre, venait en boire une gorgée en relevant son regard sur moi en haussant un sourcil. Chacun de mes gestes étaient analysés dans le malaise le plus total. J'étais l'acteur principal de la pire pièce de théâtre au monde. Le genre d'acteur qui joue faux en improvisant le script, qui, de toute manière, n'a déjà pas beaucoup de sens à la base.

"Je... Peux avoir un verre ?
C'est conseillé pour un type qui sort du coma ?
Mmh..."


Il souriait, venant attraper la bouteille, remplissant l'un des verres qu'il faisait glisser sur la table basse ensuite. Je l'attrapais, acquiesçant de la tête en guise de remerciement, hésitant quant à sa consommation. J'écoutais l'horloge accentuer un peu plus le malaise, tandis que la respiration de Kaya s'entendait jusqu'ici. Mark, lui, remuait le contenu de son verre sans trop savoir quoi faire d'autres, ses deux globes oculaires tournés en ma direction, s'attachant à moi tel un parasite. Une gêne à m'en faire trembler, tandis que j'étais toujours sceptique quant à mon verre de whisky. Je venais finalement me laisser tenter. J'approchais mes lèvres du verre, laissant une lampée s'enfiler dans ma bouche, avant la remarque tout à fait pertinente de Kaya:

"T'en fais pas... Il n'y a pas de cyanure dedans. "

Ca venait rapidement couper ma soif, manquant de m'étrangler avec ce que j'étais déjà en train d'avaler, pendant que les deux anglais riaient ensemble à cette mauvaise blague... Un rire un peu trop nerveux, presque malsain. Et le silence revenait finalement dominer la pièce, l'aiguille de l'horloge continuant son parcours, son son devenant de plus en plus insupportable à mon oreille.

"Détendez vous Jason. Vous êtes bien trop nerveux. "

La pire peur de ma vie, devant le pire des cauchemars. Me faire flinguer au fond d'un bordel tenu par des mafieux ne me faisaient ni chaud ni froid... Sympathiser avec les Fitzermann me glaçait le sang et emmenait mon cerveau à l'ébullition. Comment j'en étais arrivé là déjà ? Je ne sais plus trop. Et je venais déposer le verre d'un air suspicieux, passant ma main à l'abdomen, me rappelant l'homme brisé que j'étais.

"Alors Hawks... Quels sont vos projets d'avenir ?
On parle vraiment de projet d'avenir dans cette maison ?
Bien sûr ! Tout le monde a des rêves... Jusqu'à ce qu'ils n'en aient plus... M'enfin, c'est un autre débat.
Je vois. "


Je soupirais longuement, fixant Kaya, qui venait croiser ses jambes et ses bras, me fixant avec une curiosité qui dépassait la limite du raisonnable. Elle attendait sûrement une réponse sincère de ma part à la question de son père. Et de ma vie dépendait cette dite réponse.

"J'aimerais bien tuer Ray Toro."

Kaya soupirait à son tour, baissant la tête... Ma réponse était des plus naturelle, avec la voix la plus monotone qui soit. Avant même le début de ma rédemption, je replongeais déjà dans le vice. Une envie qui dépassait tout mes efforts, au désespoir de la femme qui se tenait à ma droite. Le vieux, lui, souriait, buvant une gorgée de son verre.






Chapitre I.I:

Elle croisait les bras ne laissant aucune expression se dégager de son visage. Mark, quant à lui, se contentait d'ajouter calmement:

"Vous devriez savoir que c'est impossible dans l'état actuel des choses.
Ah..."


Elle relevait brusquement la tête, tandis que l'agitation en dehors du salon se faisait entendre. Une personne rejoignait la maison, et Kaya se précipitait aussitôt, telle une gamine à qui on jetterait un paquet de bonbon. Mark, lui, se contentait de l'observer dans sa furtivité. Nous n'étions ainsi plus que deux dans le salon. Et c'est drôle... Mais Kaya m'inspirait au moins un air de confiance, en sachant que je la connaissais plus ou moins. Ca m'évitait au moins une nervosité trop marquée... Mais face à cet homme, me retrouvant seul, j'avais du mal à savoir comment je devais interpréter ce regard aussi inexpressif et froid que le marbre du bar derrière moi. Il continuait d'agiter son verre, dont le contenu avait largement diminué. Un verre vide, presque. L'horloge continuait son oppression, soutenant celui du regard de Mark qui cherchait avant tout à déstabiliser la personne déjà peu stable que j'étais. Je n'étais pas dans mes meilleurs jours, dans le pire des désavantages à vrai dire. Un restant de légende urbaine du LAPD, déchue, devant la hauteur et la prestance d'un Anglais dont la légende résonnait avant même qu'elle ne soit connu. Il portait un nom qui était familier à n'importe quelle personne qui s'intéressait un tant soit peu à la criminalité de cette ville, voire de partout ailleurs. Et bien que le nom d'Orton commençait à avoir une réputation plus qu'honorable dans le coin et le reste du pays, celui de Fitzermann était encore assez puissant pour clairement l'éclipser, de part une plus grande ancienneté et un attrait pour le grand spectacle plus imposant. Ceux qui n'ont jamais entendu parler de l'interrogatoire d'Effy Fitzermann par Bill Norris et ses agents n'ont rien à dire sur leurs connaissances en criminalité. A vrai dire, évoquer de tels souvenir devait probablement retourner le pauvre Norris dans sa tombe.

"Et c'est votre seul rêve Hawks ?
Pardon ?
Je vous demandais... Si tuer Toro était votre seul rêve.
Pourquoi mes rêves vous intéressent tant ? "


Un léger instant de silence. Je venais de poser une question dans la plus grande des confiances. Une arrogance made in Jason Hawks comme je savais si bien le faire, et qui me valait un grand coup de pression par le silence et le regard.

"Increvable comme Kaulins... Intenable comme Kaulins... Désabusé comme Kaulins... Et des voies impénétrables comme Kaulins... Je me demandais juste où étaient les différences...
Je ne suis pas Kaulins.
Deux aimants se montrant l'un à l'autre... Oh ! Bien sûr... Vos convictions à la base ne sont peut être pas similaires... mais bon... Bref... On va effectivement dire que vous n'êtes pas Kaulins."


Une bien belle introspection dont il arrivait presque à se convaincre, avant de finir son verre. Et il déposait finalement celui-ci, avant que des cris ne viennent le gêner dans son geste.

Chapitre I.II.:

"PUTAIN ETHAN!
Hey! Tu devais dormir!
FRAPPE AVANT D'ENTRER!
ET SI TU DORMAIS?!
JE NE DORMAIS PAS!!
JE POUVAIS PAS SAVOIR QUE T’ÉTAIS NUE PUTAIN!
MAIS LE CRIE PAS COMME CA!
JE PENSAIS QUE TU DORMAIS! "


Décidément, tout devenait gênant dans cette maison.

"C'était quoi ça ?
L'instinct paternel foireux d'un Kaulins, face à l'adolescence naïve de Cal.
Qui ?
Cal...
C'est qui ?
Boh... Buvez donc. "


Il venait me servir un verre. L'ambiance venait peu à peu se décontracter, au point de voir Mark comme un simple homme assagie par l'âge, et loin d'être aussi nocif qu'il ne voulait bien le paraître. Ou justement, était-ce là le piège. Cependant, il paraissait soudainement beaucoup plus calme, détendu, et amical, devant la vie qui s'animait dans sa demeure.

"Ca ne vous a jamais tenté, Mh ?
De ?
La vie de famille..."


Encore une fois, je manquais de m'étranger, tandis que Kaya avait tendu l'oreille à cette conversation, elle qui avait reprit sa place dans le fauteuil sans que je n'arrive à la distinguer avant qu'elle ne soit déjà affalé dedans.

"Coucou. "

Je toussais un instant, déposant le verre. Et finalement, c'est l'oppression face à une telle question qui venait reprendre le dessus. Qu'est ce que je pouvais bien répondre à ça ? Tout le monde connaissait mon point de vue sur la question: "Les amis, la famille, c'est une faiblesse dans le métier." Mais que devient une telle philosophie quand la personne n'a plus le métier ? Effectivement, si la quête de ma rédemption devait passer par les Fitzermann, il était logique que l'un d'eux finisse par en poser les bases. Et si je devais faire finalement comme tout le monde, trouver le bonheur, un chien et une voiture. Avec qui ce serait ? Question ridicule, je connaissais déjà la réponse, et sûrement que les deux êtres face à moi la connaissaient aussi. Ou peut être pas. Après tout, qu'importe.

"Ruminer ne vous va décidément pas du tout Jason. Et en plus, ça ne me donne point de réponse.
Disons que... Joker ?
Ca va pas être possible. "


Et me voila encore dans une situation délicate. J'avais les réponses qu'il voulait, plus ou moins, ce qui aurait amené plus de questions. Mais je n'avais en aucun cas l'envie d'y répondre. Que quelqu'un m'aide...

"Yo."

C'est pas vraiment ce que j'avais espéré comme aide. Mais merci quand même du soutien Dieu... Kaulins dans toute sa splendeur. Il arrivait ici comme si de rien n'était... Je le reconnaissais bien là. Et la seule chose à laquelle je pensais, c'était la classe avec laquelle il venait de me sortir d'une situation tout à fait peu appréciable.

"Bienvenue là où je n'aurai jamais cru que tu viendrai... Tu t'adaptes?
- J'ai envie de dire oui, mais j'ai plus l'impression que c'est un bordel sans nom ici.
- En vérité, tout le monde la joue timide ici hein... "


Et moi le premier. Du moins, c'est ce que j'avais envie de répondre. Mais je m'abstenais de faire une telle remarque.

Chapitre I.III.:

"C'est lui ?"

Une jeune adolescente qui ne manquait certainement pas d'air, bien qu'elle semblait légèrement gênée par la situation de la scène. Elle me pointait du doigt, tandis que son regard innocent se plongeait dans le mien, déjà trop marqué par les remords.

"D'accord. "

Une réponse bien banale et presque peu naturelle. Elle devait sûrement représenté mon fan club. J'ignorais bien qui pouvait être cette gamine, mais ça m'était bien égal quand mes tympans furent brusqués par des sons un peu trop violent. On aurait dit des tambours, si ce n'était pas des bruits de pas beaucoup trop marqués. La personne qui venait percer ce silence et cette gêne traversait le couloir à une vitesse non négligeable, tandis que le carton qu'elle portait dans l'une de ses mains venaient glisser sur le bar.

"J'ai ramené les donuts !"

Evidemment... Que Dieu me vienne en aide si au moins il en a quelque chose à foutre de moi. J'étais déjà dans une situation peu confortable, mais celle qui s'en suivait l'allait être tout autant. Je redressais mon regard sur cette femme qui semblait intemporelle. Elle n'avait pas vraiment changé, du moins... Rien ne me semblait bien différent que depuis la dernière fois que je l'avais vue. Elle venait croiser ses yeux verts avec les miens, tandis que la micro-seconde d'assimilation n'était pas suffisante avant qu'elle ne se retrouve à m'étouffer, m'enlaçant tel un ours en peluche. A vrai dire, je n'arrivais pas encore à comprendre comment Tia c'était retrouvée là, à ce moment précis... Et à vrai dire, je n'en avais absolument rien à faire. Je me contentais de rester immobile, pendant cet instant de retrouvaille, dans la confusion de l'ensemble du groupe qui ne cherchait pas non plus à comprendre. La première larme était probablement pour moi. Quant aux autres, c'était sûrement quelque chose de bien plus profond... A vrai dire, je n'en avais absolument rien à faire. Ce que je me contentais de faire ne faisait que renforcer ce sentiment de retrouvailles. Je n'arrivais pas vraiment à bouger, tandis que mes deux bras venaient enlacer Tia. A mon tour, je me mettais à ignorer les gens autour de moi, que ce soit Fitzermann ou Kaulins... Leurs ressentis et leurs pensées à ce moment... Encore une fois... Je n'en avais rien à faire.

Et c'est comme ça que commençais ma rédemption. Par ce moment indescriptible qui réussissait tant bien que mal à me faire décrocher cette expression sur mes lèvres, que le commun des mortels s'efforce d'appeler un sourire. Un vrai sourire... Pas celui dont mon visage c'était accommodé quand ma déviance prenait le dessus. Non, cette fois-ci, ça ressemblait bel et bien à un soupçon de bonheur dans une avalanche de malheur. Le son de l'horloge était ignoré par mon esprit, qui se concentrait plus sur la respiration et les battements de coeur de celle qui se trouvait actuellement dans mes bras. Cet instant était court ou plutôt long... Je ne m'en étais pas spécialement rendu compte. Je me contentais juste de profiter dans le silence et les larmes de la demoiselle d'un moment précieux...

Le premier instant bonheur en 24 ans.







Chapitre II.I.:

"Tu aurais pu me rappeler.
Désolé... J'étais occupé.
M'ouais..."


Elle dégustait son donut tandis que je restais accoudé à ce bar. Le groupe derrière moi discutait de je ne sais trop quoi. J'étais bien trop concentré à observer Tia qui voyait ce sourire indélébile monopoliser son visage.

"Tu m'explique pourquoi t'es pas à San Francisco ?
San Francisco ?
C'est bien là bas que tu travaille, nan ?
Ah... Oui, exact..."


Et à entendre son air, on aurait bien dit qu'elle n'y avait pas mit les pieds depuis des plombes. Quant à savoir ce qu'elle faisait réellement dans le comté de Los Angeles, cela relevait d'une véritable énigme, comme toutes les autres qui s'ajoutaient au fur et à mesure... Si je devais commencer à les lister, je commencerais par: Quel intérêt ont les Fitzermann à me vouloir de leur côté ainsi ? Pourquoi Ethan s'occupe d'une adolescente ? Pourquoi Tia n'était pas en train de casser la gueule aux criminels de San Francisco ? Et Pourquoi Diable Kaya Fitzermann c'est-elle relevée d'entre les morts ? Ca commençais à faire une petite panoplie de mystères; si on oubliait tous ceux liés à moi et l'envie incroyable de Toro de vouloir réellement ma mort. Après tout, si il était si puissant que ça au point que même le vieux Fitzermann estime ma capacité à le tuer à impossible... Alors pourquoi il voulait me tuer pour quelques hommes de mains en moins ? A vrai dire, il mettait bien plus de ressources dans mon exécution que ce que j'avais pu déjà lui prendre. Et cette question commençait à me donner des vertiges tellement elle rodait dans ma cervelle, qui, finalement, reprenait l'ensemble de ses connexion après ma sortie du coma. J'attrapais un donut, venant en manger une bouchée, tandis que Tia se mettait à rire de la situation.

"Quoi ?
Je croyais que tu ne mangeais plus de donuts à cause de moi.
Ah ouais... C'est vrai... Ca doit être ça, la rédemption, hein ? "


Elle se contentait d'en sourire, tandis qu'elle me fixait dans les yeux... Comme si, moi aussi, j'étais revenu d'entre les morts. Difficile de ne pas lui rendre ce regard. Et nous étions bien à ce moment là. Quant à prévoir la suite des événements, j'avais quelques idées, mais c'est bien la plus pessimiste d'entre elle qui venait prendre le dessus. Elle finissait son donut, tandis que son air joyeux virait à l'inquiétude, au même titre que la lueur du Soleil venait s'exténuer sous le passage d'un nuage trop épais.

"Et maintenant Jason ?... Qu'est ce qu'on fait ? "

La question était légitime... Mais surprenante... J'aurais compris si elle m'avait posé la question "Qu'est ce que tu vas faire ?"... Et je comprenais son inquiétude quant à la réponse... Mais le fait d'utiliser "on"... Etait très loin de me laisser impassible. Et finalement... Le son de l'horloge revenait m'oppresser.

Chapitre II.II.:

Je n'émettais pas de réponse, sans trop savoir quoi dire, tandis que je déposais le donut dans la boîte. Mon air heureux s'estampait finalement, alors que l'air désabusé regagnait du terrain. Elle commençait à bien connaître cet air... C'est bien celui-là qui nous a valu une distance de quelques centaines de kilomètres. Et son air inquiet prenait davantage de légitimité. Elle savait pertinemment ce que j'allais faire... Comme si elle m'avait fait. A vrai dire, j'avais déjà passé suffisamment de temps avec elle pendant sa formation au LAPD, au point qu'elle devait bien finir par connaître chacun de mes traits. Comme un enfant qui pourrait anticiper les mouvements de ses parents. Elle savait... Et je savais qu'elle savait... Et la scène de théâtre qui allait s'en suivre n'était qu'une mascarade que je m'efforçais de bien mener.

"Il n'y a pas de on Tia.
On sait tout les deux que tu es déjà en train de mentir...
Tia...
Ca suffit Jason. On a déjà eu cette conversation il y a quelques années, et on sait tout les deux comment elle a fini. Ne me crois pas assez stupide pour reproduire la même erreur... Et bien mieux que ça, ne te crois pas assez stupide pour me refaire le même spectacle.
Tu sais très bien comment ça fonctionne...
Justement... Non... Je n'arrive plus à comprendre ce genre de choses. Après tout ce que t'as vécu, tu vas encore me sortir ce scénario bidon selon lequel la solitude c'est la sécurité ? On peut dire que ça t'as bien réussi jusqu'à maintenant, hein ?!"


Elle n'avait pas forcément tord. Et c'était bien l'une des raisons qui faisait de cette mascarade, une mascarade. La reproduction parfaite du scénario, dans le moindre détail.

"Ca en devient ironique hein ?
C'est vrai qu'on rigole beaucoup. Je ne sais pas comment après tout ce temps tu arrive encore à posséder ce tel don pour casser l'ambiance.
Eh bah...
On dirait Kaulins. Vous voulez tout les deux jouer des rôles qui, de toutes évidences, vous dépassent. Vous avez juste assez de chance de rester vivant..."


Kaulins venait se placer entre nous deux, lui qui était tout juste à côté.

"Hey ! Une bridée et de la philosophie... Confucius est de retour ?"

Et l'horloge venait sonner le glas... L'heure de midi sonnait, tandis que le majordome traversait toute la maison en cherchant désespérément à faire quelque chose pour le repas. Mark, lui, écoutait de loin... De tellement loin qu'il ne devait pas vraiment écouter. Et quant à la gamine, elle venait soudainement de se mettre de l'autre côté du bar... Se contentant de m'observer un instant. Je n'y prêtais pas spécialement attention à l'instant, tandis que Kaulins relevait un sourcil en voyant que Tia s'était déjà énervée.

"Hawks.
Quoi ?
T'en a pas marre de briser le coeur de cette gamine ?
Fallait pas me la ramener à l'époque.
Que veux tu ? Elle savait pas se servir de ses dix doigts. "


Une coalition malsaine basée sur la haine et l'indifférence mutuelle, tandis que Tia finissait fatalement par ne plus rien dire.

Chapitre II.III.:

"Tu foutais quoi Hawks ?
La même chose que toi Kaulins.
Ah ! Toi aussi tu t'occupais d'une gamine qui a fait explosé tout ce bon whisky.
Putain de merde, c'est de sa faute ?
Mon pauvre whisky...
Tu m'étonne..."


Comme d'habitude... On préférait pleurer les choses insignifiante plutôt que vital. Et c'était bien ça notre marque de fabrique... A vrai dire, notre duo au LAPD fonctionnait comme ça. On s'occupait de ce que personne ne voulait s'occuper tout en prenant ce qui était inutile en considération. Nos vies n'avaient finalement, de ce supposé là, que peu de valeur... Et on était encore en vie pour pouvoir l'affirmer.

"Alors comme ça. Toro essaye de te tuer aussi ?
Ouais.
On dirait que tu t'es encore foutue dans la merde.
C'est l'histoire de ma vie.
Ca serait plutôt l'histoire de ta mort à ce niveau là.
Quoi ? Toi aussi tu va me dire qu'on peut pas tuer Ray Toro ?
Estime toi heureux... Il peux pas nous tuer non plus apparemment.
Vue comme ça. "


Tia venait quitter la pièce, tandis que Kaulins s'était accoudé au comptoir de ce bar, alors que son verre de whisky venait se vider peu à peu. La gamine, elle, jouait avec sa mèche, avant d'ajouter calmement.

"Dis voir le monstre. Ca te dirait pas de rattraper ta copine ?
T'es qui à me parler comme ça ?
Surveille tes propos le vieux. D'ailleurs, j'ai une question.
Et c'est sûr que comme ça je vais t'y répondre connasse.
Mais..."


Ethan posait sa main sur mon épaule, regardant la gamine un instant, qui semblait fortement se contenir de lâcher le plus long monologue de sa vie. De la retenue... face à moi... A la regarder, ça ne semblait pas lui ressembler.

"M'aller... Pose ta question.
C'est quoi votre relation avec Kaya ?
Tu veux pas savoir.
Bah en fait..."


Et je partais sans même qu'elle est le temps de finir sa phrase, cherchant à rattraper Tia qui avait fuit la maison, probablement... Et à vrai dire, elle était juste là, assise sur les marches de la porte d'entrée, se contentant d'observer de la vie là où il y en avait encore. Et j'approchais doucement, venant m'asseoir à côté d'elle.

"On va continuer longtemps comme ça Jason ?
Franchement ?"


Son regard croisait le mien à nouveau, alors qu'il brillait à la lumière du Soleil... Pas le genre de scintillement de joie, plutôt celui d'une forme de tristesse refoulé. Elle avait percé mon jeu avant que je ne joue ma manche... J'étais vaincu, et pourtant, elle jouait aux perdantes... Et mon geste qui en suivit ne fut que la conclusion de ses propos: Non... La solitude telle que je la vivais n'était plus une sécurité, et ce depuis déjà bien longtemps.



Dernière édition par Azelat le Sam 09 Déc 2017, 13:59, édité 2 fois
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Re: Jason Hawks - [Livre III 'Rising'] - 3e Partie - Le Lys Rouge

le Sam 09 Déc 2017, 12:35
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Re: Jason Hawks - [Livre III 'Rising'] - 3e Partie - Le Lys Rouge

le Ven 09 Nov 2018, 17:15
Super nouveau chapitre de Max Payne
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Re: Jason Hawks - [Livre III 'Rising'] - 3e Partie - Le Lys Rouge

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