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Kaya Fitzermann - 4e Partie - Resurrection

le Mer 25 Oct 2017, 19:47



"J'observais pour la première fois le soleil depuis ma mort. Tous mes sens brûlaient au contact de la chaleur.
Si c'était ça qu'être en vie, j'aurai peut être préféré rester morte sur ce lit et ne jamais devoir me réveiller."









Les cinq hommes venaient quitter la pièce en silence. Comme chaque rituel, ils retiraient leurs gants d'opération, prenant soin de les jeter dans une poubelle à côté d'un lavabo immaculé. Ce fut long et fastidieux que de rattacher les nerfs à vif, prenant soin d'évacuer les morceaux de l'os qui avait explosé au contact de la balle. Tel le verre qui se brisait après avoir touché le sol. C'était abondant et pourtant, après dix-sept heures éclairés d'une seule lampe d'opération, ils se laissaient tomber contre le mur de la pièce d'à côté. Exténués, assoiffés et heureux d'avoir fini ce travail qui leur avait rapporté trois-cent mille dollars chacun. Ils pourraient rentrer chez eux par la suite et embrasser leur famille. Prendre quelques jours de repos et profiter de bonnes vacances qui n'étaient pas si chères payées que ça au final. L'un d'entre-eux, le plus âgé, se redressa lorsque la femme entra dans le bloc. Les bras croisés à hauteur de poitrine et un regard froid comme le sang qui séchait à même le sol. Ils disposaient l'un après l'autre, se retirant de la pièce. Le dernier laissant alors une seringue remplie d'atropine avant qu'il n'ajoute un dernier mot à celle qui s'assurait que le travail était bien fait.



Sept milligrammes, directement dans le cœur si la tension baisse. Mais rien ne dit qu'il tiendra comme maintenant. Il vous restera la solution du massage cardiaque après injection. Mais encore une fois ça n'est pas dit que ça reparte.
- Je ferai attention.
- Une dernière chose... La mort cérébrale est quelque chose qui est extrêmement aléatoire sur la capacité de reprise de l'individu. Rien n'affirme qu'elle se réveillera avec l'atropine, et si c'est le cas, rien ne dit non plus qu'elle se souviendra de sa vie.
- C'est un risque qu'elle a pris.
- Si vous voulez mon avis... Avaler du cyanure même à petite dose, c'est risqué. Elle portera les séquelles de sa bêtise le restant de sa vie.
- Si je voulais votre avis, je vous aurai payé un peu plus.
- Comme vous voulez...




Une fois seule avec le corps, s'appuya sur le lit d'opération, scrutant les derniers détails qui avaient pris tant de temps. Elle vient couvrir les nombreux points de suture qui ornaient le genou droit, enroulant un bandage autour. Elle soupira par la suite en constatant la pièce avant de tirer la table de toutes ses forces en dehors de la salle d'opérations. Elle profita de l'instant pour la couvrir d'une bâche noire, signe distinctif d'un décès, avant d'ouvrir les portes face à elle. Elle poussait désormais le lit de ses deux mains, observant l'un après l'autre, les infirmiers qui pressaient le pas dans le bloc des urgences. Elle baissait la tête, évitant de se faire reconnaître, totalement intrus parmi les chemises blanches. La dernière sortie se fit sans problème. Elle releva la tête en direction des étoiles, constatant l'ambulance face à elle, portes ouvertes. Elle y glissait la personne recouverte, grimpant avec elle avant d'y fermer les ouvertures. L'homme qui l'accompagnait monta en tant que conducteur, démarrant le véhicule avant d'embrayer en direction de la sortie de la ville.

La femme prenait une assise à droite du lit, retirant la bâche avant d'y rebrancher les divers instruments qui serviraient à suivre l'état de celle qui était dans un coma de type IV. Ce n'était pas sa vocation de faire dans le médical, ou de tenter de couvrir une fausse morte qui n'était pas pour autant tirée d'affaire. Elle soupira un peu plus avant la maintenir dans ce même état endormi jusqu'à ce qu'ils atteignent leur destination.



Tu sais dans à peu près combien de temps on y sera?
- Je dirai une bonne heure et demie de route sans arrêt.
- Les gyrophares servent à ça.
- Exact.



La brunette venait se glisser devant, s'installant sur le siège passager avant d'ouvrir la fenêtre, profitant d'une pause pour s'allumer une cigarette emprunter à un vieil ami. Elle se laissait bercer par les passages des néons de la ville en expirant le surplus de fumée dans le fond de ses poumons. Elle constatait derrière elle les rythmes cardiaques affichés sur l'électrocardiogramme, s'assurant de la survie de Kaya Fitzermann. Cette femme avait faussé compagnie à la mort, luttant elle même contre les restes de cyanure qui n'étaient pas totalement partis lors du lavage. La fumeuse ne pouvait rien faire d'autre qu'espérer qu'elle s'en sorte, une fois le trajet terminé.












Chapitre I-I:
Mon souffle semblait être un écho lointain qui se rapprochait lentement sans se forcer. Je l'entendais se réverbérer dans mon esprit comme un rythme régulier et silencieux qui m'apaisait. Dans le fond de ma tête, je cherchais cette lumière qui me motiverait. Je naviguais doucement dans mon corps, renouant le contact avec ce qui m'appartenait. Cette sensation de picotement au bout des doigts duquel je focalisais mon esprit dessus. Au même instant mon coeur régulait l'effort, en dévoilant la douloureuse sensation d'être déchirée de toutes parts. Mes veines se dilataient lentement, et mon sang arrivait jusqu'à la pointe de mes pieds. Je me permettais de remettre mon organisme à sa place, régulant mon souffle, la température suivant le mouvement. Mon corps retrouvait la sensation du toucher.

J'étais allongée dans un lit confortable. Un obstacle se trouvait à ma droite. Pour ce qui était de ma gauche, je pouvais décerner l'espace qui accompagnait certainement l'endroit où je me trouvais. Les acouphènes se réduisaient peu à peu, laissant place à mes tympans qui retrouvaient depuis longtemps le plaisir d'entendre. Il y avait des voitures quelque part. Le son de la ville n'était pas si loin que ça. J'étais certainement dans une maison ou un appartement en bordure de route. Mes doigts étaient réactifs aux picotements que je recevais. J'arrivais à les bouger un à un sans demander trop d'effort. Je tentais d'ouvrir la bouche qui répondait aussi, suivant quelques tentatives de vocalises ratées qui dévoilaient une présence dans la pièce. La personne venait de bouger en entendant subitement une voix sortir de ma bouche, elle se rapprochait doucement, sans faire de bruits. Elle se penchait certainement au dessus de moi, entendant le retour de mon souffle. Sentant la mort depuis mon haleine. Le cyanure n'avait pas épargné mes glandes salivaires. La bouche sèche et chaude, j'aurai tué pour un verre d'eau.

Oy' ma belle! Elle a fait du bruit!
- Carter c'est normal, ça fait même pas dix minutes qu'on lui a injecté le produit. Il faut environ deux heures de stabilité pour qu'elle ouvre les yeux maintenant.


Deux heures, c'était bien trop long. Mon corps s'empressait de vouloir m'épuiser à faire battre mon coeur de manière irrégulière. Je sentais chaque parcelle de mon corps parcourue par le sang qui irriguait chacune de mes parties. Comme noyé sous un trop plein d'oxygène que transportaient mes globules rouges. C'était le simple retour de bâton. Asphyxier mes systèmes en injectant une petite dose de cyanure, il était évident que je sois pressée de respirer de nouveau. La personne qui possédait le nom de Carter se reculait de moi. Il soupirait se laissant tomber sur un sofa d'après le bruit qui m'était revenu aux oreilles.

Je venais à me demander depuis combien de temps j'étais morte. Si j'avais encore toute ma tête ou mes souvenirs pour ne pas regretter ce geste. Les derniers instants qui me revenaient en tête étaient clairs eux. Mon genou droit ressemblait à un vieux morceau de steak mal cuit, et l'on m'emmenait dans les combles d'un poste de police. C'est là où j'ai croqué la capsule qui s'est répandue dans mon oeusophage. Ce qui avait causé ce choix était aussi un souvenir que je me remettais à jour. Jason Hawks était devenu un danger pour ma vie, ou celle de mon entourage. Je réfléchissais à la conséquence de mes actes, ce n'étaient que des paroles. Je lui avait juste fait ouvrir les yeux sur sa propre nature. Où simplement, je constatais un homme qui se complaisait dans son malheur sans tenter d'en sortir.

Un vague souvenir, les dernières paroles de celui qui me protégeais.

Va le voir et excuse toi.

Chapitre I-II:
M'excuser de quoi au juste. D'avoir fait le constat de sa vie à sa place, c'est certainement ce qui l'avait poussé à sortir son arme. Eviter d'avoir d'autres témoins sur l'existence d'un monstre à la tête de la police la plus influente des Etats-Unis. C'était un mélange amer qui composait mes souvenirs. Comme un travail bâclé qui vous était retiré des mains, sur lequel vous n'aviez même plus le droit de parler. Considérée comme un cas à part seulement parce que les Fitzermann avaient causé plus de mal que de bien. Seulement parce que j'étais évité comme la peste. A chaque nouvelle rencontre se dévoilait des aux-revoirs où le dos de mon interlocuteur était la dernière chose que j'aperçevais.

L'amertume était la simple description des restes de mon vivant.

Je ne savais pas!

Et je n'ai jamais su les motivations qui m'avaient poussé à rejoindre celui dont la mort rejetait son existence. Je n'ai jamais pu m'excuser pour ce que j'allais faire, et ce que j'ai accompli grâce à lui. Je me retrouvais seule. Afin de comprendre ce que l'homme ressent lorsqu'il ne lui reste plus rien. Je n'étais qu'avec mon reflet qui s'efforçait de bouger chaque membre de son corps, jusqu'à ce que ce dernier m'accorde le droit d'ouvrir les yeux. Je restais là, à ressentir ce qu'il avait ressenti après chaque tentative que je déjouais par pur égoïsme. Mais malgré tout, je n'arrivais pas à remettre son nom sur ce visage décomposé.

Ce n'était qu'une entitée noire présente dans mon cerveau. Quelque chose qu'il avait jugé inutile de garder précieusement. Ou c'était quelque chose dont je ne voulais pas me souvenir. Je contractais mes muscles, l'atrophie rendait cette tentative douloureuse laissant mes cordes vocales se contracter tout autant que mon bras.

Oh là, eh là, eh là! Elle a bougé! Elle a bougé je te dis!
- Nom de dieu Carter tu vas pas t'exciter à chaque fois qu'elle gémit... Putain d'pervers...


Je reconnaissais le second timbre de voix. Bizarrement, cette sensation désagréable qui se répandait chez moi s'accentuait lorsque je reconnaissais la personne qui avait cet air bien à elle de parler. La petite chérie du chef d'oeuvre d'art moderne était dans la même pièce que moi. A surveiller que j'étais assez vivante pour ne pas faire foirer sa paie. Finallement, la mort semblait plus paisible que l'enfer que je vivais actuellement. La migraine prenait place dans ma tête, me laissant admirer chaque battement de mon coeur en direction de mon cerveau.

Chapitre I-III:
J'en venais désormais à me demander si j'avais vraiment réussi à ouvrir les yeux. La lumière ne pénétrait pas mes globes occulaires ou alors, elle n'arrivait pas à clore son chemin à mon système nerveux. Le voile opaque se fragilisait doucement, avant que je puisse aperçevoir ma main sous la lumière artificielle de la ville qui éclairait ma position. J'étais bien plus bleue que blanche et étrangement, j'en souriais. Une bonne heure s'était écoulée depuis ma dernière tentative et le mal de tête s'était atténué, de nouveau habituée à ce que le sang arrive à peu près partout. Je me redressais doucement, observant les alentours. Je me trouvais dans un salon d'appartement relativement bien décoré. Je n'étais pas sur un lit mais sur un canapé où divers instruments étaient encore agrippés sous ma peau. Au fond à droite se trouvait un homme qui dormait à point fermé tel un enfant en pleine fleur de l'innocence. Je constatais un peu plus à gauche, derrière une table à manger, une femme qui était accoudée à un rebord de fenêtre, observant la ville avant de se retourner vers moi, la source potentielle de tous ses problèmes et du peu de bruit que j'avais fait.

Réveillée?
- Plutôt morte je dirai.


Mes cordes vocales fonctionnaient plutôt bien pour une troisième tentative. Elle soupirait face à ma réponse, comme si elle ne s'attendait pas à mieux en vérité. Nous laissons le silence faire son travail alors que je me faisait dévisager par des yeux brillants d'un reflet artificiel. J'aurai pu avoir peur d'elle, et pourtant je maintenais le regard. Elle s'avançait lentement, saisissant une trousse qui était présente sur l'une des étagères à sa droite. Elle s'accroupissait en face de moi avant de sortir des outils dérobés depuis un centre hospitalier. Sans se faire prier, elle faisait le contact entre le bout d'une pince et ma peau. La remontant au fur et à mesure qu'il y avait une réaction de mes systèmes nerveux.

Il parait que c'est le plus douloureux... Quand les membres sont encore engourdis mais pas totalement.

Malgré sa phrase, elle ne cherchait pas à me faire mal. Elle se rassurait plutôt que tout fonctionnait bien chez moi, et c'était gratifiant. Après sa batterie de tests, elle referma le conteneur, reposant la trousse sur l'étagère. Elle en profitait pour s'allumer une cigarette sur le rebord de sa fenêtre. Il ne me semblait pas la connaître en tant que fumeuse, mais plutôt en tant que gamine un peu perdue. Cela dit, nos dernières retrouvailles remontaient bien à quelques années. Lorsqu'elle décida de prendre sa vie en main et de fuir Hawks de sa zone d'attraction. Un sacré trou noir qui aspirait le bonheur des uns pour le remplacer par une montagne de souffrance qui émergeait de "rien". Un rien singulier.

Je vais pouvoir prévenir Ethan de ton retour parmis nous.
- Ethan?


Elle s'arrêtait alors de composer un message sur son téléphone. C'était un nom que je ne retrouvais pas dans la montagne de souvenir qui s'était évanouie dans mon esprit. Elle me regardait légèrement peinée, et je n'en avais pas forcément besoin.

Finalement ça attendra.







Chapitre II-I:
J'observais pour la première fois le soleil depuis ma mort. Tous mes sens brûlaient au contact de la chaleur. Si c'était ça qu'être en vie, j'aurai peut être préféré rester morte sur ce lit et ne jamais devoir me réveiller. A coté de moi, les voitures grondaient, profitant du vert de la signalisation pour accélérer sans retenue. Ca me ravageait les tympans, mais c'était le prix à payer pour avoir goûté au vrai silence. Tia marchait à côté de moi, comme si elle se rassurait de pouvoir veiller sur moi et ma réinsertion dans le monde. Malgré les verres des lunettes de soleil que je portais, je ne m'habituais pas à la lumière, brûlant ma rétine pour savoir où je me dirigeais. C'était un premier pas de fait pour retrouver mes objectifs, et je me motivais à continuer d'avancer sans me soucier des problèmes qui m'entouraient.

On va où au juste?
- On change d'appartement.
- Ah, ça t'arrive souvent?
- Même si je fais la nounou, j'ai un travail à côté de ça et c'est nécessaire.
- Tes collègues ne voient pas la situation comme un mal?
- Comment ça?
- T'es avec moi quoi...
- Ils n'ont pas leur mot à dire pour des crimes passés commis dans une autre ville.
- M'ah...


Elle avait clairement gagné de l'assurance et du caractère. Etrangement, ça me calmait sur les envies d'ouvrir son crâne pour y trouver ce qui l'avait rendu si confiante. Et quand bien même j'aurai pu le faire, je n'étais pas comme ça. J'étirais mes bras en continuant d'avancer, heureuse de pouvoir réitérer ces gestes agréables. Nous prenions la prochaine rue sur la droite, donnant une belle vue sur le Golden Gate, sans que mes envies de touristes ne prennent le dessus.

Comment tu te sens aujourd'hui?
- Honnêtement, je pourais dire que je retrouve de la hargne.
- Je vois.
- Dis moi... Comment t'en es arrivé là?
- Parle pas en sous entendus, dit clairement ce que tu entends par "là".
- Comment tu t'es retrouvée à me tirer du CHU, et surtout pourquoi c'est pas ce Ethan là?
- T'as vraiment aucun souvenir de lui?
- Si, mais je n'arrive pas à assimiler sa tête à ce nom. J'ai surtout l'impression que c'était pas lui.
- Hmm. Ethan est occupé avec une fillette.
- Il a des penchants comme ça?
- Va savoir. Il aime celles qui le torture un peu.


C'était un bon résumé apparemment. Je pouvais ressentir de Tia, une once de jalousie que je voulais entretenir et pourtant j'étais aussi aigrie qu'elle. Nous arrivions devant la façade d'un nouvel immeuble à la décoration douteuse. Pour passer innaperçu, c'était peut être pas le meilleur moyen. Mais en y réfléchissant bien, le bleu de celui-ci était convenable par rapport aux autres couleurs des bâtisses adjacentes.

Chapitre II-II:
T'es bien payée?
- Pour quoi?
- Tuer un criminel sans lui laisser le temps de voir tes yeux.
- Faut bien manger à sa faim ici.


Elle se replaçait doucement sur le rebords de la fenêtre, recalibrant la lunette de son fusil alors que son talkie laissait une tonne d'informations filtrer par le haut parleur. Les gyrophares s'excitaient dans tous les sens dans la rue plus bas. Une centaine de mètres multipliés par cinq nous séparaient du fugitif. Un genre de dernière mission avant de pouvoir prendre du repos et de se consacrer un peu plus à Ethan après avoir parcouru les quatre cent kilomètres pour rejoindre la Californie. Finalement, elle n'avait pas eu besoin d'abattre le criminel, son doigt sur la détente. Il s'était rendu les mains en évidence auprès se ses collègues. Elle soupirait sans que je puisse déterminer si c'était un soulagement ou une déception. Fermant les yeux par la suite en s'allumant une cigarette en guise de récompense.

Dis voir. Tu te souviens de quoi à Los Angeles?

Je rouvrais mes yeux en observant la route défiler à grande vitesse sous une voiture lancée en sixième. Les paysages qui défilaient étaient sans pareils. Une beauté quasi-désertique et pourtant attirants au possible. Je relevais ma tête posée contre ma main. J'observais Tia concentrée sur les distances qu'elle avalait au volant. Elle ne me regardait pas mais insistait sur sa question.

De mon arrivée sans bruit là bas depuis Londres.
- Mais encore?
- De l'ennui qui accompagnait une jeune camée dans les bordels de Sereños. De ce nombre important de victimes que je n'arrivais pas à éviter. De beaucoup de choses en fait.
- Argumente.
- Tu vas vraiment me faire chier avec ça?
- On en a encore pour deux heures et demie, donc faut bien faire la conversation.


Je lui racontais ma vie comme un livre que l'on lit à un enfant. De ces journées dans le désert sous des tôles brulantes à me faire rouer de coups. De ce visage sans nom qui m'avait retiré mes liens avant de détaler avec les restes de ma vie et ses démons. Des longues discussions insinuées avec Jason Hawks et la peine que je ressentais devant la tombe de sa soeur. Tout ça pour terminer avec un genou qui s'ouvrait en vingt en succombant sous mon poids et de cette capsule que je ne regrettais pas d'avoir ingéré.

Pourquoi t'as tenté la mort?
- Dans le meilleur des cas ce n'était pas irrémédiable. Dans le pire des cas, j'étais arrêté pour des choses que je n'avais pas fait,
là où moi aussi je cherchais des réponses aux actes passés.
- Tu clame ton innocence?
- A peu près.
- Hmf.
- Que ça te plaise ou non, je n'ai ôté qu'une fois la vie, et c'était celle d'un violeur.


Elle n'ajoutait rien de plus en montant le son de la radio, laissant un rock endiablé s'entendre depuis les enceintes. Elle camouflait ma voix et ma présence par un surplus auditif. Je revenais alors porter mon coude sur le rebord de la portière, ma tête en appui sur ma main en soupirant. J'étais pressée d'arriver à destination.


Chapitre II-III:
Je l'observais qui repartait vaquer à ses principales occupations en me laissant devant une demeure qui me rappelais de bons, comme de mauvais souvenirs. Je soupirais quelques instants en enfonçant les mains dans les poches de mon jean trop grand. J'étais comme une gamine qui n'avait pas envie de passer la porte de sa maison, retrouvant la solitude qui compensait les deux dernières semaines de mon rétablissement en compagnie d'une fliquette pistonnée. Je cherchais les clés dans le sac qui contenait mes affaires d'hopital avant de les saisir en l'enfonçant dans la serrure. Un seul tour fut suffisant. Je poussais la porte en laissant mon sac tomber à terre. Je fus accueillie par un couteau envoyé en ma direction, poing ferme et élan assuré. J'étais heureuse de constater que mon corps avait repris son panache d'avant, me laissant aisément me décaller sur la gauche, emportant l'agresseur dans son poids pour qu'il finisse en dehors de la maison. J'en profitais pour l'enfermer dehors avant que deux nouvelles mains viennent maintenir mon bras droit dans un sens qui n'était pas favorable au développement des os. Relevé dans mon dos, je jouais de ma souplesse pour venir embrasser mon coude dans une tempe trop fragile. La seconde qui suivait le geste, j'envoyais mon talon dans les parties de l'homme qui s'empressa de pleurer ses enfants. Je soupirais assez fort avant de choisir l'option de facilité qui consistait à le terminer d'un élan du pied dans les narines. L'autre tentait tant bien que mal d'enfoncer la porte alors que je laissais les clés dans la serrure, venant m'agenouiller vers le premier blessé. Je fermais les yeux me concentrant par delà du bruit que causait l'autre gorille. Je les rouvrais en me rassurant qu'il n'y avait plus personne d'autre dans "ma" maison. Je les laissais à leur sort avant de retirer ma veste, me décontractant lentement en me dirigeant à l'étage, sac en main. A droite, la porte de bureau était ouverte tandis que ce visage ancien m'attendait.

Tu comptais vraiment accueillir ta fille comme ça?
- Hmm? Je savais qu'il y avait eu du bruit en bas mais je me doutais pas que c'était toi.
- C'était plutôt tes gars en fait...
- Rassure-moi...
- Ils ont juste pris une dérouillée et l'autre est enfermé dehors.
- Ah. Tant mieux... Excuse les, c'est des nouveaux.


Il était dans ses papiers, s'arrêtant quelques minutes pour me regarder avec cet air attentif. J'étais heureuse de le voir ici, et même de le savoir en vie, malheureusement...

Je peux savoir ce que tu fous chez moi?
- Ah euh... Surprise?
- Non pas de surprise...
- J'ai juste fait un allé simple de Londres jusqu'ici quand j'ai appris que t'étais morte...
- Touchant. Sauf que je ne le sui pas.
- Je le sais, enfin je l'ai su de la nippone. Et donc au final j'ai décidé de rester.
- T'as vite pris tes marques...
- Toujours aussi touchante ma fille...


Je cherchais à retrouver mon confort qui venait d'être réduit à néant. Il y avait même ce vieux majordome d'Equinox en train de promulguer les premiers soins à "jeune idiot numéro un". Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu son visage, et au fond j'étais soulagée qu'un homme comme lui ne soit pas encore mort de vieillesse. Le plus ancien tueur de la famille, au service de mon père en tant qu'assistant. Quelqu'un de confiance, et dangereux malgré les apparences de ses quatre-vingts années.

Je soupirais, m'affaisant sur mon lit avant de porter un oeil sur l'écran de mon smartphone. La matiné se finissait juste, et je voulais voir la cité des anges de nouveau.








Chapitre III-I:
Le pas était lent. Je profitais d'un moment de solitude nocturne pour déambuler dans la rue sans réel but. J'observais les images qui défilaient sur mon portable et les tonnes de messages que je n'avais pas l'habitude de supprimer. Je me remettait en mémoire les derniers détails de ma vie, ainsi que ceux que nous échangions avec Ethan. Les premiers messages étaient froids, directs et sans remords. Puis plus je dévalais la page, plus je découvrais la relation que nous avions tissé lui et moi. Comme il le disait lui-même dans l'un des nombreux sms; "la haine n'est rien de plus qu'un amour démesuré et incompris". Je repensais aux paroles de mon père avant qu'il ne parte régler des affaires.

Je devine qui est Ethan, mais je n'arrive pas à faire le lien entre son visage et ce que nous avons vécu. Comme si c'était quelqu'un d'autre...
- Tu sais quoi? Le mieux c'est que t'ailles voir par toi-même ma grande.
- Mais je sais pas où il est!
- Commence par Pershing Square, là où il y a un joli trou dans un immeuble. C'est là qu'il vivait.
- Mais tu sais où il est maintenant non?!
- Ca gâcherai le plaisir aux autres de chercher le cul d'un Kaulins.


Les mains dans les poches, cette soirée était plutôt chaude malgré le temps nuageux. Je tournais à gauche en rejoignant la mairie depuis la rue de Downtown. J'observais le poste de police dont le silence était rare. En levant les yeux, je découvris l'immeuble en question dont le trou béant provenait du mur. Je soupirais un peu plus, saluant les personnes qui fumaient une cigarette devant l'entrée du bâtiment. Ils me répondirent par la même courtoisie avant que je ne disparaisse derrière les portes coulissantes de l'ascenseur.

J'appuyais sur le bouton du premier étage, comme exprimant la plus grande des flemmes de lever les jambes pour un escalier en colimaçon. Je m'extirpais de la cage avant d'observer le couloir qui délaissait sur trois portes à droite, une seule à gauche. Néanmoins il était facile de deviner quel était le numéro de l'appartement. De grandes banderoles jaunes se croisaient devant l'une des trois portes. Je soupirais un peu, constatant l'effort inhumain de la police pour tenter de dissuader les curieux d'y mettre un pied.

Je peux vous aider mademoiselle?

Avant que je n'ai l'occasion de pénétrer dedans, une femme assez grande se glissait de dessous la variété de "do not cross" et "police investigation". Elle s'arrêtait quelques instants en m'observant de ses yeux sombres en remettant correctement une de ses mèches en arrière. D'instinct, mes mains joignaient mon corps, prêtes à agir pour la moindre excuse, néanmoins elle ne bougeait pas, insistant sa question.

Je cherchais l'appartement numéro 105 rien de plus.
- Ici vous êtes au 102.
- Qu'est ce qu'il s'est passé?
- Vous n'êtes pas d'ici vous... Si?
- Non je reviens juste d'un... Pele-... D'un voyage.
- Mhh... La zone est bouclée suite à une explosion d'origine criminelle.
- Rien de grave au moins?
- Matériel surtout. La personne s'en est tirée.
- Ah. Tant mieux.
- Sur ce... Je vous prierai de continuer votre chemin.


Elle tapotait de son index sur son badge FBI accroché fièrement à la ceinture en m'observant et me défiant d'aller ailleurs qu'ici. Néanmoins je restais fidèle à ma version en la saluant d'un signe de tête; continuant jusqu'au bout du couloir où l'appartement 105 se trouvait. Je donnais un dernier coup d'oeil en sa direction et elle ne bougeait pas en me dévisageant. J'enfonçais la poignée en priant une entité supérieure pour que la porte soit ouverte. Elle l'était. J'appuyais ma version en refermant derrière moi un regard meurtrier.


Chapitre III-II:
Qu'est-ce que... Vous foutez quoi chez moi?!

Evidemment, lorsqu'on entre chez quelqu'un d'autre, il n'y a rien de plus qui ne s'échappe de la bouche des concernés qu'une simple question alors qu'ils profitaient tranquillement d'un superbowl en caleçon, bière à la main. Je me tournais en observant le trentenaire se redresser avec sa capsule à la main. Il venait juste de s'installer et je soupirais de la situation. Réfléchissant au moyen d'éviter qu'il n'hurle trop pour alerter la badgée dehors. Je prenais un air désabusé en inspirant avant d'ajouter par la suite:

J'ai juste besoin d'être ici pour 3 minutes.
- Trois minutes de trop ouais! Dégagez de chez moi!
- Là vous êtes insultant...
- Suffit que je gueule pour que les flics se ramènent ici en deux minutes avec le poste à côté donc faites pas la maline...
- Je vais partir.
- C'est ça!
- Dans trois minutes.
- D'accor-... Qué? Non! Maintenant!


Il sautait de son siège avant de s'approcher de moi. Je rouvrais la porte, sortant alors de l'appartement en espérant que Quantico ne soit pas encore là à m'attendre sur le qui vive. Heureusement, elle semblait être partie alors que je faisais le bonheur d'un vieux de le laisser retourner à sa petite vie tranquille. Je me dirigeais donc vers le numéro 102, les mains dans les poches sans me faire envier pour me glisser sous le jaune des banderoles. Je découvrais par la suite les restes de l'explosion avec le restant de ses affaires qui étaient laissées comme telles. Des marquages un peu partout dans la pièce, numérotés et soigneusement disposés à chaque quatre millimètres de la preuve en question. Les flics ne s'étaient pas foulés d'ailleurs en y mettant une dizaine de cônes sur la table ou une tonne de papiers, dossiers, photos, balles et crayons s'y trouvaient.

J'avançais vers la table basse démarquée avant de m'asseoir sur le sofa. Soupirant un peu plus en me penchant sur les éléments que le corps de la sécurité estimait inestimable. Les derniers éléments d'enquête signés Ethan Kaulins. La preuve même de son existence. Les différents groupuscules impliqués sur les papiers étaient outre-atlantique, mentionnant la reprise d'une guerre entre trois familles dont les noms avaient étés masqués par de l'encre indélébile. Je me tournais alors sur le canapé, observant la photo de famille retournée que je redressais. On y voyait un homme, une femme et une petite fille. A côté il y avait ce même homme en compagnie d'un autre plus âgé et certainement prise lorsqu'ils étaient plus jeunes. Je me redressais alors en me déplaçant entre les débris, me penchant sur le bar avant d'extirper une bouteille de whisky japonais que je reniflais avant de la refermer. Je la laissais là, posée sur le sol permis les cadavres de verres. Je m'arrêtais désormais face à ce qui était la cuisine, remarquant les derniers cadres encore intacts où je me trouvais dessus. Où North se trouvait dessus. Où nous étions cinq, et toujours ce même homme sur les photos.

Je soupirais.

Je t'assure qu'on aurait dit la gamine qui était avec lui tout le temps...
- T'es sûr de ça? T'as mis du temps à t'en rendre compte.
- Je sais ce que je dis putain.
- Mais Ethan est toujours en vie?
- Sa mort aurait fait parler de lui vu son importance dans la ville et en dehors.
- Mouais...
- Ce que je sais, c'est que moins on entant parler de lui, plus y'a des chances qu'on y laisse notre peau...


Des personnes approchaient, et la discussion ressemblait fortement à ma description. Je prenais place derrière la porte ouverte de la cuisine, retenant mon souffle, sachant que je n'étais pas armée.

Chapitre III-III:
Ouais bah elle est pas là...
- J'aurai juré pourtant...
- On retourne dehors, si on loupe Hawks, on est mort.


J'étais restée derrière ce simple morceau de bois en espérant qu'ils ne cherchent pas plus. Ils étaient arrivés arme en main, prêt à me finir sur place, ils parlaient sans retenues dans un lieu où il était quand même préférable de garder certaines choses pour soit. Au fond de ma tête, les choses se remettaient en place avec la montagne d'informations avalé ce soir. J'attendais de ne plus entendre un seul bruit, patientant volontairement une dizaine de minutes de plus que nécessaire. Au final je ressortais de là en relevant ma capuche, enfonçant mes cheveux au fond de cette dernière et je me permettais de ressortir par la porte de secours qui laissait place aux égouts de la ville.

Ca sentait la mort mais c'était mieux que rien. Je reprenais la photo de nous cinq que j'observais une dernière fois avant de la déchirer et la laisser bruler à même le sol. Je savais désormais qui était Ethan, je connaissais sa vie, ses secrets et ses remords. Il me manquait et je voulais avoir de ses nouvelles. Tandis que je rejoignais Downtown à pieds, je fus interrompue par des coups de feux provenant de Pershing Square, certainement là où je me trouvais. Une partie de moi voulait aller voir et l'autre voulait simplement rentrer. J'étais assez satisfaite du dernier détail que j'avais laissé sur place, comme un message simple compris par ceux qui se sentiraient concernés. Une fleur de Lys déposée dans un des vases de la cuisine. En retrait, si ils le cherchaient ils finiraient par comprendre le message.

Je finissais ma promenade nocturne en rentrant chez moi, vannée et exténuée de la journée. Le trajet était long de San Francisco à Los Angeles, en plus de ma virée actuelle, je voulais retrouver mon lit et mon piano, me poser et profiter

Tu t'es bien amusée à retourner la ville le jour même où tu débarque?
- Hein?
- Les coups de feu dans l'appartement d'Ethan.
- J'ai rien fait.
- Donc tu nie pas le fait d'être allé chez lui.
- J'y suis allé, mais j'ai pas tiré, j'suis pas armée, j'ai rien sur moi.
- Alors qui c'était?!
- Demande à tes collègues au lieu de chercher une raison pour me fliquer.


Je la laissais devant l'entrée, refermant derrière moi en soupirant un peu plus. Je devais clairement faire quelque chose pour éviter d'avoir une sangsue collée à ma peau en espérant me faire tomber par la suite. Elle assumait un rôle qui ne lui convenait pas, espérant par ce biais atteindre ses objectifs. Tia repartait alors en trombe avec sa voiture, se dirigeant vers le centre-ville pour à coup sûrs y dénicher quelques infos en plus. Je me posais sur la queue du piano, appréciant le premier verre de whisky depuis ma mort, je soufflais en sentant mes intestins refuser le cadeau. C'était bien trop tôt depuis les restes de cyanure. Je laissait le verre sur le montant, gardant l'occasion de le boire une prochaine fois. Pour une meilleure occasion.







Chapitre IV-I:
Je laissais la pression du mouvement faire le reste de la persuasion. Je ne me retenais pas d'afficher cette expression qui me correspondait tant depuis l'enfance. Sous les yeux paniqués de celui qui pensait que "la dangereuse Kaya" était morte, sa main tentait tant bien que mal de retirer le fer froid sur sa tempe alors que la pointe de ma lame s'enfonçait un peu plus dans la paume à même le sol. Elle transperçait désormais le bois du parquet et la chair maintenu par l'appui tremblait nerveusement.

Je m'étais levé le lendemain en m'ennuyant par habitude de la vie plate que je voyais défiler entre mes deux yeux. Mon père m'avait appris que Jason Hawks le cherchait en laissant derrière lui une montagne de corps inanimés. Inconsciemment, je savais qu'il m'impressionnait, non pas pour le nombre de personne qu'il tuait, mais pour les motivations qui lui permettait d'agir. Ces dernières n'avaient pas de sens, elles s'en déviaient à partir du moment où la première victime de son leitmotiv passait de 00 à 01. J'avais décidé de faire ma sortie tardive, emportant avec moi le nécessaire à ma survie. Je me convenais sans remords de changer ma passivité par mes actions. Dans le pire des cas, il n'y aurait pas de témoins, dans le meilleur, j'étais déjà morte.

Je change le tempo ou je recommence?
- Ha! Arrêtes arrêtes! Je sais pas-...
- Où est Hawks?!
- J'en sais rien!
- J'ai pas le temps pour ça...


Je me relevais lentement devant celui qui gémissait avant de me retourner vers la chaise centrale. Celui qui y était attaché était de dos avant de tourner la tête vers moi en entendant mes talons faire grincer le vieux bois. Il tentait tant bien que mal de défaire ses liens en se secouant, lui et la chaise, mais je savais faire les noeuds chiants. Je me plaçais en face de lui, extirpant de son étui une nouvelle lame immaculée. Je soupirai quelques instants avant de lui faire constater son tranchant. Son genou droit envoyait les informations à ses neurones, lui confirmant que les tendons de la rotule avaient été sectionnés nettement. C'était opérable, il serait capable de marcher de nouveau d'ici un mois.

T'as plutôt intérêt à répondre à ma question.
- Sale pute arrgh!
- J'attendais pas ça.


Je lui laissais le temps de sentir la pointe du couteau contre sa glotte avant de saisir ses cheveux, relevant sa tête pour qu'il me constate droit dans les yeux.

Dernière fois...


Chapitre IV-II:
Downtown!!
- Hein?
- Aux dernières nouvelles il a flingué notre boss sur Downtown!!
- Tu vois quand tu veux...


Je l'achevais alors en transperçant le haut du palais, avec cette lame que je laissais pourrir dedans. Il n'avait rien sali, se contentant de mourir sur le coup, ou de se noyer dans son sang par les quelques spasmes qui s'échappaient d'un corps lutant pour l'oxygène. Je retournais vers celui qui était cloué au sol avant de retirer la lame en l'observant de haut.

Il t'a tout dit je sais rien de plus!
- J'lui fait confiance.


Je ressortais de la pièce en soupirant un peu plus, prenant soin d'enfermer les deux personnes dans cet appartement et de jeter les clés dans une poubelle, deux rues après. En une dizaine de minutes j'avais rejoint Downtown, m'arrêtant devant un hôtel de luxe en face des immeubles des riches banlieusards qui pensaient que l'argent pouvait acheter le bonheur. J'observais les chambres de l'hôtel qui donnaient sur la rue, puis les fenêtres de l'immeuble en question. Entrer de front était inconcevable et le sac que je portais avec moi était trop lourd pour me permettre de me faufiler dans les bureaux.

Je me baissais quelques instants devant l'entrée de l'hôtel, ramassant un morceau de pavé sur le trottoir que j'envoyais de toutes mes forces dans une fenêtre des locaux d'en face. Par chance, elle se brisait sur le coup, laissant les débris et le son alarmer les hommes qui étaient dedans alors que j'entrais par les portes coulissantes.

Bonsoir mademoiselle, vous avez réservé?
- Non je viens pour vous prendre une chambre au second, face rue si possible.
- Nous en avons oui, la moins chère à 103 dollars.
- Je vous la prends.


Le paiement par carte était fait, les clés m'étaient remises et j'accédais à ma chambre sans allumer la lumière. J'observais depuis les rideaux transparents l'effectif qui s'agitait. Quatre hommes, arme de poing à la ceinture, vêtus d'un costard identique et sombre. Ils observaient en bas de la ruelle la provenance, désabusés qu'un gamin s'était amusé à lancer des cailloux pour son propre plaisir.


Chapitre IV-III:
J'ouvrais le sac, dépliant la base du manche avant d'y plaquer les pieds au sol, fixant le tout sur des équerres accrochées au mur et au sol. Depuis le deuxième étage, et à cette heure-ci, il était improbable pour l'homme à l'accueil d'entendre les travaux. Je soupirais, enroulant la corde autour de l'ouverture. Je me déshabillait en venant enfiler un jogging noir, une veste tactique et une veste que je refermais par dessus un harnais solidement attaché. J'accrochais la dégaine sur la corde avant de l'enrouler par un noeud coulissant. Je finissais ma préparation en m'équipant de nouveau d'un couteau porté dans un étui à la ceinture, puis d'un 9mm dans son booster par le harnais.

Je m'asseyais en portant mes écouteurs aux oreilles, venant m'attacher les cheveux en arrière et avaler deux anti-douleurs pour la forme. J'observais le cadran de ma montre, en soupirant un peu plus, allongée désormais sur le lit. J'attendais une bonne heure que les choses se calme et que les hommes appellent les services de réparations.

Action...

Je me redressais alors, venant tirer comme une idiote sur le pilier de la barre de maintien en vérifiant qu'elle ne céderait pas. Je finissais les dernières mises en place, nouant le bout de la corde à une ancre légère que je tenais alors de ma main droite. De la gauche, j'allumais un pétard plutôt chargé que les magasins vendent aux enfants avant de l'envoyer de l'autre côté de la rue. La tige m'offrait trois secondes de répit.

Il venait d'exploser, laissant un son comparable à une arme à feu retentir dans toute la ruelle et je profitais de cet instant pour envoyer l'ancre de l'autre côté à travers la vitre déjà brisée. Le premier coup était le bon, elle était en accroche sur le rebord de la fenêtre, et je tirais de nouveau pour vérifier qu'elle ne lâcherai pas. Je tendais la corde épaisse de 5mm et je regardais désormais les hommes du bureau sortir et regarder dans l'autre direction que là où je me trouvais. Ils rentraient par la suite bredouille, sans avoir remarqué le câble tendu en hauteur, et je venais m'accrocher à ce dernier, traversant désormais l'allée suspendue à minuit passé.

Je reposais mes pieds dans les locaux, je relâchait le harnais. J'extirpais mon arme et désactivais la sécurité. Je passais à la deuxième phase de ma soirée et je ne voulais pas ébruiter l'affaire.


Dernière édition par Δ2 le Dim 29 Oct 2017, 15:24, édité 6 fois
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Re: Kaya Fitzermann - 4e Partie - Resurrection

le Mer 25 Oct 2017, 19:47





Chapitre V-I:
Je constatais la serrure de la porte qui donnait directement aux bureaux. J'espérais qu'elle ne soit pas fermée pour me permettre de continuer d'avancer sans problèmes, malheureusement le loquet était tourné dans le bon sens, la clé étant restée de l'autre côté de la serrure. Je soupirais un peu plus, constatant les chargeurs que j'avais avec moi, puis je venais toquer à deux reprises sur la porte. Les pas se rapprochaient lentement et je me tenais en face de cette dernière. Le premier homme ouvrait la porte une arme en évidence qui traversait la distance entre lui et moi. Je lui fit lâcher l'arme, venant le saluer du bout de mon canon en souriant. La balle avait fait le reste, laissant la résonance du coup de feu alerter les hommes qui se ruaient à l'étage. Je ne pensais à rien d'autre que de pouvoir encore grimper ces trois autres escaliers pour arriver là où je souhaitais.

Deux hommes arrivaient des automatiques en main, venant me constater moi et le corps de leur petit copain par terre, le sang en guise de salutations. Nous restions là à nous regarder durant quelques instants, semblant alors réfléchir à ce qu'il venait de se produire. La constatation fut brève, en voyant le câble qui traversait la rue depuis l’hôtel, leur machoire se crispaient, mon visage était reconnu. Ça devait leur faire bizarre alors, la sécurité se désactivait des armes.Ils ouvraient le feu entre le temps de leur réflexion, me laissant l'occasion de passer sur la droite avant de prendre couverture derrière un bureau. Les balles chantaient le choc de l'impact alors que les miennes embrassaient la cervelle de ceux qui tiraient plus qu'ils ne visaient.

On a-...

Il n'avait pas le temps de me décrire, tombant alors sur le côté avant que je ne prenne appui sur sa plaie au bras, ne cassant pas le tête à tête avec le canon.

Le grand il est où?
- Fais pas la mali-...


Je n'avais clairement pas le temps de jouer à la question à un million de dollars. Venant achever le prétentieux de deux reprises, constatant la conserve de fumigène qui arrivait de l'étage en dévalant les escaliers. J'étais mal, je n'avais pas prévu ce genre de situation, observant un laser s'approcher du colimaçon. Mais au lieu de reculer comme ceux qui pensaient prévoir d'attendre les défenseurs, je prenais mon élan pour un touchdown. Mes jambes faisaient leur travail, bras en avant en vidant mon chargeur à l'aveugle. J'arrivais à cinq balles restantes, trois, et zéro. Je soupirais toujours dans la fumée, entendant le bruit du fer se secouer sur le sol. Je montais une nouvelle marche à tâtons avant d'arriver le talon sur une main. Je me penchais en ramassant l'arme automatique qui était désormais lâchée, puis j'y perdais quatre balles dans un corps désormais sans vie. Je finissais ma montée, en venant me servir d'un miroir de maquillage pour constater le couloir sur ma droite qui semblait être vide. En face de moi, de nouveaux bureaux, de nouveaux hommes qui en sortaient, et de nouvelles rafales s'échangeaient.

L'avantage d'être fine, c'est qu'il est plus difficile de viser lorsqu'on est en mouvement, et je me jetais sans risque derrière un mur en heurtant la poitrine sur le sol avant de me redresser. Un téméraire se lançait à ma poursuite en comprenant trop tard que je ne m'étais pas enfuie. Je l'achevais nettement, sans bavure, dans la tempe. Espérant que les autres suivent le mouvement, mais ils m'attendaient. Il fallait donc que je traverse les locaux pour arriver à un escalier de ma cible.

Qui attaque au juste?
- J'en sais rien j'ai pas bien vu.
- Ok...


Moi qui désirais éviter d'ébruiter l'affaire, j'étais désormais entre deux hommes qui attendaient sagement que je sorte. Je prenais alors le joker que j'utilisais sans retour. Une simple grenade à laquelle je ne détachais pas la goupille, l'envoyant alors en direction des gorilles qui réagissaient naturellement. Ils espéraient échapper à l'explosion qui n'aurait jamais eue lieue et durant ce laps de temps, je m'élançais avec l'automatique tenu fermement, ouvrant le feu sur l'un d'entre eux. Après qu'il heurta le sol, je prenais couverture derrière un bureau, le second n'avait pas eu le temps de me voir et me cherchait désormais dans la pièce.

Je poussais une chaise roulante, le laissant par réflexe tirer dessus. Je me relevais. Une seule balle était suffisante.

Chapitre V-II:
Nouvelle pièce, nouveaux locaux. J'arrivais désormais dans un lieu de repos, bien organisé. J'observais quelques instants les canapés, le grand écran ainsi que les zones de bar et de restauration. Cinq ouvertures, et certainement la meilleure des options était de rester là à attendre qu'ils sortent tous. Mais je n'avais pas le temps. Je prenais une direction, celle du bar, venant courir alors que celui du canapé se montrait à ma gauche. Je n'hésitais plus, continuant ma course vers le bar avant de voir un homme se mettre face à l'ouverture, une M4 en main, une puissance de feu au dessus de la mienne. Je portais mon appui sur la droite, esquivant la première balle alors que la seconde et les suivantes sifflaient le long de ma tête. Par réflexe, j'envoyais mon chargeur vide en sa direction, puis profitait du restant encore dans le Glock pour expliquer la théorie de la réflexion. Je ne l'avais pas tué, mais suffisamment touché pour qu'il titube, me permettant de le finir avec une lame dans l’œil droit, sous le tir de son copain depuis le salon. Une fois dans le bar, je constatais qu'un autre de ses petits amis était dans mon angle mort à ma droite, profitant de cet instant pour encastrer sa crosse dans la tempe qui me fit perdre l'équilibre contre le mur à ma gauche.

Une partie de ma vision virait au rouge, j'étais ouverte et l'adrénaline accentuait la coulée. Je me redressais alors en discernant l'homme du salon arriver une arme braquée en ma direction. Je ne bougeais plus, attendant qu'ils soient tous deux à portée, je laissais tomber mon arme à mes pieds, les mains le long du corps.

Ne bouge plus! Les mains en évidence salope!

Je remontais lentement mes mains, lui laissant le temps de s'approcher alors, face à celui qui semblait content de m'en avoir foutu une. A moins de trois mètres, mes mains alors à portée de côtes, je saisissait les deux couteaux qui me restaient, profitant de la surprise pour sectionner une rotule en face de moi, et une carotide à ma droite. Je le finissait d'une lame plantée convenablement dans sa trachée, flirtant avec le carrelage rougissant. Mes mains m'aidaient ensuite à me relever, revenant vers celui qui constatait les nerfs à vif de son genou. Je plantais la dernière lame dans son autre genou, laissant le pleureur hurler un bon coup. Deux trois gifles sur la joue, un focus sur moi. Une simple question.

Le bureau de ton patron, c'est lequel. Hé. Hé! Focus mon grand. Sur moi. Relève les yeux allez... Il est où le bureau de ton patron?
- J't'en prie, me tue pas!
- Le bureau...
- Le couloir derrière toi à droite!
- Merci.


Je lui souriais amicalement, lui qui pleurait alors pour ses genoux, il m'observait me redresser, contente de ne pas avoir à monter un nouvel étage. C'était déjà ça de pris sur mes estimations. Je retrouvais le couloir dans lequel je m'étais jeté au départ, les voix s'agitaient plus bas, observant les dégâts causés, je venais de nouveau me pencher en direction de l'assis qui ramassait ses nerfs à même le sol. Il faisait fit de l'état de ses os, il se vidait trop rapidement.

Eh... Si il te demande... Je suis montée hein.
- Aaaah... Aaaaaaah!
- Merci.


Je prenais plaisir à déambuler en arrivant en face d'une porte qui ressemblait à toutes les autres? J'appuyais sur la poignée, venant ouvrir cette dernière avant que l'accueil ne se fasse sur une balle qui traversa le bois à droite de ma tête. Je m'arrêtais alors en cherchant la zone d'impact.

N'approche pas plus! Rentre chez toi! T'auras le plaisir d'être en vie et moi aussi!

C'était la tentative la plus désespérée de persuasion que j'avais vu de toute ma vie depuis ma mort. Je faisais marche arrière en entendant le soupir de celui qui hésitait à tirer une nouvelle fois. Je retrouvais les corps de ceux que j'avais abattu la minute d'avant, en face du salon, je saisissais la M4. Je constatais le chargeur avant d'entendre le grincement du bureau. Sa curiosité était mauvaise. Je me présentais alors face à lui dans le couloir, avec l'arme de ceux qui étaient censé assurer sa protection et je vidais le chargeur dans ses jambes jusqu'à ce que sa tête heurte le sol.

Des escaliers deux nouveaux hommes se présentaient à moi, réalisant qu'ils étaient arrivés trop vite. Je les renvoyais aussitôt en bas, avec les vingt-sept dernières balles présentes dans l'arme.


Chapitre V-III:
Mais qu'est-ce que tu veux?!

Je laissais le nouveau silence se rompre sous les grincements de mes semelles qui frottaient les débris des murs. J'avançait lentement alors qu'il essayait tant bien que mal d'attraper son arme, hors de portée depuis sa chute. Il réalisait lentement sous la panique que je venais de descendre son effectif complet avec comme seul argument un sourire sur mon visage au moment où je me penchais pour relever sa tête par les cheveux. Je soupirais quand bien même il bavait au sol, gémissant parfois de la douleur que lui rappelaient ses jambes et son âge avancé.

Je cherche quelqu'un...
- Putain mais vous cherchez tous quelqu'un!
- C'est tout à fait ça...


Sous la panique, il venait de lâcher l'information capitale de sa situation. Il était le nouveau patron d'un ancien groupe décimé par celui qui cherchait leur patron. C'était quelque chose d'assez tordu, et la chance n'était pas de leur côtés. Il était certain qu'après ça, le groupe ne se reformerait pas, mais je devais avoir cette information quoiqu'il en coûte. Je me relevais, le traînant avec moi dans son bureau. Avec l'effort, je le fit se rasseoir sur la chaise, venant alors prendre place en face de lui, sur le bois laqué qui lui servait de support à papiers. Il tentait de rester éveillé en m'observant poser mes talons sur le bureau, soupirant quelques instants avant d'ajouter:

Hawks...
- Nom de dieu... Vous... Argh... Vous le faites exprès tous?
- Me contrarie pas...
- Je sais pas où il-... AAAAH!


J'avais bondi face à l'automatisme raté d'une réponse comme celle-ci. Il observait de plus près le canon écarlate de mon arme encore chaude lui brûler le front lentement, alors que je venais surenchérir:

Hawks!
- Il s'est fait vendre! IL S'EST FAIT VENDRE!
- Par qui!
- Quantico à queue de cheval!
- Où?!
- Aux-... Aux dernières-...
- OU CA!
- TORO! TORO! A RAY TORO!


Réflexe. Une balle perdue dans son front. Je venais de tâcher la partie droite de mon visage, crachant le sang qui était arrivé jusqu'à mes lèvres. Je soupirais un peu plus en observant l’œil tomber sur ses genoux, laissant un peu de fumée s'échapper de ses orbites. Mon canon venait de traverser la moitié de sa boite crânienne. En forçant légèrement pour le retirer, je constatais les restes fumants et calcinés de son cerveau. Je m'essuyais le visage du revers de la manche, venant alors saisir le sac que j'avais avec moi. Je l'ouvrais lentement sur le bureau, extirpant d'un film protecteur, une fleur de Lys que je venais déposer dans l'orifice créé artificiellement.

Le silence était revenu dans les locaux, et l'odeur du sang commençait tout juste à se sentir. Au moins, j'étais rassurée de pouvoir m'extirper de là vivante, gardant l'information précieusement au fond de ma tête. En passant, je reprenais les couteaux que j'avais laissé à ceux qui ne s'en étaient pas sortis, puis je soupirais de nouveau. J'arrivais en face des portes coulissantes, d'en bas, tout semblait calme et normal. Ce n'est qu'en face, que le propriétaire paniquais avec son téléphone en main, en direct avec les services de police. J'avais remis ma capuche auparavant, masqué mon visage et m'était tout naturellement extirpée par la porte d'entrée.

Il ne fallait plus qu'une seule chose désormais, savoir où se trouvait Hawks.







Chapitre VI-I:
Je rejoignais la rue d'All Saints les mains dans les poches. Je ne me pressais pas en me remémorant ce que j'avais entendu par deux officiers de police quelques minutes auparavant. Boire un café en pleine soirée après avoir tué une dizaine de gars, c'était un peu comme un riche qui jetait un billet à un mandiant. C'était rassurant, comme une brève pause que l'on s'accordait pour accorder les parties désaccordées de son cerveau. Je venais de commettre un nettoyage massif, sans laisser de traces. Ils aimaient le café du bar, qui n'était simplement pas aussi fade que celui de leur poste. A parler sans retenues. Des bleus tout ce qu'il y a de plus débutant en la matière. Et sans aucun soupçon pour ma personne.

Je suis bien content que notre nouveau chef ne soit pas comme Hawks!
- Tu m'étonnes! Avec tout l'effectif qu'il a perdu durant ses années de services.
- Lui et son chien de garde m'aha!
- T'as entendu qu'il venait d'être hospitalisé y'a deux heures, après sa vendetta?
- Laissons ça aux fédéraux, on risque d'y passer autrement.
- C'est clair.


J'avais fini le muffin qui était en accompagnement avec les grains moulus, laissant quelques billets pour la forme. Le code qui défilait dans leur talkie les prévenait que du renfort était nécessaire pour boucler la zone de Downtown. Et j'étais parti aussi discrètemet que j'étais rentrée dans ce bar. J'avais décidé d'aller jeter un coup d'oeil à l'hopital, en réalisant que c'était certainement sa deuxième maison à lui aussi.

Je constatais de loin les divers agents fédéraux qui passaient leur soirée accrochés à leur téléphones, donnant un bref détail de la situation, rassurant les bureaux que tout allait bien. Ils parlaient de la mort de l'une d'entre eux, triste découverte. Et je rentrais alors dans le hall, noyée sous les sons des agitations qui donnaient cet air pourtant macabre à un lieu de soins. Arrivant devant l'accueil, je me penchais en accoudant mes bras sur le plastique blanc, attendant que quelqu'un vienne me demander la raison de ma venue.

Je peux vous aider mademoiselle?
- Jason Hawks est arrivé ici non?
- Ah monsieur Hawks? Oui, oui en effet.
- C'est possible d'avoir le numéro de sa chambre?
- Je suis désolée mademoiselle mais on m'a donné l'ordre de ne pas donner cette information à n'importe qui.
- Je suis une vieille connaissance...
- Désolée, je ne peux rien faire pour ça...


Je lui soupirais au nez, me retournant alors en cherchant les chambres aux étages. Vu le nombre de fédéraux qu'il y avait devant, il devait y en avoir tout autant à la chambre de Jason et ça ne manquait pas. Deux hommes en costard s'y trouvaient, en plus d'une femme qui semblait bien plus lambda que les badgés accoudés au rebord de l'étage. Je montais alors, rejoignant les habits de luxe qui attendaient sagement qu'on vienne les remplacer. Je les saluais sous leur regard menaçant et sceptique avant que je n'appuie sur la poignée de la porte de chambre. Sans avoir le temps d'anticiper leur réaction, ma tête se retrouvait plaquée contre le mur à gauche, par la prise de la femme qui semblait avoir préféré agir, plutôt qu'attendre de comprendre.

Tu passera pas comme ça petite.
- Hmf! Je voulais juste voir comment il allait.
- C'est ça, et puis nous prévenir dix minutes après qu'il y a un problème?
- Nan...
- Dégage de là avant que je te fasse pourir avec le reste de ta bande.


Elle donnait de l'élan pour me faire reculler. J'avais légèrement mal au crâne à cause de ça et je soupirais avant de porter mes mains en T, prète à être fouillée, laissant mon téléphone et le bouquet sur le banc à côté de ces messieurs. J'ajoutais sereinement, dans un bon mensonge.

Je m'appelle Tia Shinobu... J'étais son ancienne collègue avant ma mutaion à San Francisco...
- J'veux voir votre badge.
- Je... Je suis en repos là à la base... Je l'ai pas avec moi...
- Vous foutez quoi ici sincèrement...
- J'étais avec Ethan et j'ai appris pour ce qu'il s'est passé par l'Officier Hobbs... Je voulais juste m'assurer que tout allait bien...
- Ok... Ok...
- Fouillez moi si ça peut vous rassurer, je comprends la situation vu que le FBI est intervenu...


L'homme métissé venait alors accéder à ma requette, palpant l'intégralité de mon corps sans arrières pensées avant d'assurer que je n'avais rien de dangereux sur moi. Y compris dans les fleurs que j'avais acheté la demie-heure auparavant. Bizarrement, je retrouvais un air qui me parraissait pas inconnu sur le visage de la femme, mais je n'arrivais pas à dire où et quand. Le vague de mes souvenirs appartenant certainement à un détail anodin. Je reprenais par la suite mes affaires, assurant que je ne serai pas longue. J'entrais entre quatre nouveaux murs, un mort sur un lit trop blanc pour sa personne, et un corps en phase deux sur la décomposition. La porte derrière moi se refermait, laissant les trois personnes dans leurs songes.


Chapitre VI-II:
Jason était inconscient, enroulé dans des draps qui maintenaient son corps au chaud. Je l'observais quelques secondes, retirant ma veste en laissant mon débardeur s'accorder avec la tapisserie de la chambre. Je m'affalais sur la chaise des invités, en soupirant quand je remarquais le vase qui se trouvait sur la table de chevet. Mes jambes firent un nouvel effort. Je prenais le vase de mes deux mains avant de me diriger dans la salle de bains où je le remplissait aux trois quarts. Je le reposais par la suite à côté de l'endormi, saisissant le bouquet duquel je n'extirpais qu'une seule fleur, que je posais au creux de l'ouverture. A son réveil, la version mensongère de la visite de Tia sera une évidence pour lui. Cette fleur en guise de symbol, s'accorderai parfaitement avec le message laissé au recto d'une feuille blanche que je remplissais d'une simple phrase: "Sometimes you can fall". Je laissais de nouveau un soupir s'entendre en finissant désormais le verso de ce bout de papier marqué d'un: "I'll rise you up until i die".

Je retrouvais mon emplacement prévu au creu de cette chaise, observant les variations cardiaques qui s'affichaient à l'électrocardiogramme. J'espérais qu'il entende le silence que je tentais de braver face à lui. Engageant mon monologue, dos à un caméra de surveillance, et face à celui que je n'avais pas compris.

Honnêtement... Ca valait la peine de tenter de mourir une fois que tu t'es rendu compte de t'être mis tout seul le monde entier à dos? Regarde toi... Tu deviens plus marqué qu'Ethan et ton coeur galère à rester actif...

Je ne m'attendais pas à une réponse de sa part, je lui faisait juste le bilant de son état de santé, et de sa compétence morale à comprendre lui-même où il s'était rendu. Je soupirais de nouveau, continuant sur ma lancée.

Si il était possible de tuer un Toro... Kaulins et moi s'en serions chargés... C'était certainement pas un mec seul, perdu dans sa vie et qui se donnait une raison à la con pour tuer le plus d'ordures, qui aurait pu venir à bout de celui qui avait vaincu Elizabeth...

J'étais énervée. Et je le sentais. Je voulais le cogner jusqu'à ce que son subconscient imprime la définission de "connerie" mais je ne me permettais pas, manquant d'aggraver son cas, et de finir réellement en prison. Je canalisais l'envie en me faisant craquer les phalanges pendant que mon rythme de respiration forçait sur le blanc qui s'instaurait de nouveau. Je faisais le vide sur mes émotions, venant me redresser avant de me porter à côté de lui, accroupie.

Tu devrais te tourner vers nous... Tia s'inquiète... J'ai appris qu'Ethan rattrapait son rôle de père depuis pas mal de temps... T'es pas tout seul Jason. Mais tu ne l'as jamais compris. T'es resté dans l'optique de devenir ce qu'Elles voulaient te faire devenir.

J'entendais sa respiration au travers du masque qui l'aidait à inhaler que ce qu'il fallait. Un bel assisté dans ce genres de circonstances, lui qui laissait simplement cette image de monstre faire le reste, quitte à se faire bouffer par son propre mensonge. Un enfant qui criait à l'aide, devant lequel il répondait sûrement que c'était trop simple, qu'il y avait derrière ce besoin d'être secouru, un marionettiste qui attendait simplement l'occasion pour torturer les plus faibles. Tout le monde ment, et c'est un fait. Malheureusement certains mensonges amènent au bonheur, car la vérité n'est pas belle. Dans son cas, son mensonge n'était qu'un simple argument pour s'accorder le droit d'en baver un peu plus en espérant atteindre un bonheur inconstruit.

Je te tuerai Jason. Je te tuerai toi et ton masque si tu continue.
Tia pourra de nouveau rire. Ethan pourra de nouveau être égoïste. Et tu n'aura rien fait de bien, ni de bon. Sous tes pâles excuses, tu es comme tous ceux que tu as descendu jusqu'à présent. Tu ne vaux pas moins que le sang et les larmes que tu as versé.


Je mordais mes lèvres, exténuant l'inconfort de mes yeux, les essuyant par la suite du revers de la manche avant d'inspirer plus fortement, saccadé par le réflexe de mon diaphragme d'évacuer.

On est là pour toi merde... Pourquoi tu ne le comprends pas...
- Mademoiselle Shinobu, désolée mais c'est l'heure de ses soins.


Je me relevais en constatant le métissé légèrement géné d'interrompre un semblant de monologue. Il venait seulement d'ouvrir la porte et me regardait, la peine sur son visage. Je reprenais le bouquet posé sur la chaise, observant une dernière fois le Lys dans le vase, puis j'enfilais ma veste en rejoignant l'extérieur de la pièce. Les infirmières allaient par la suite procéder aux soins post-opératoires. Et je restais là, sous trois paires d'yeux dont une en particulier qui me dévisageait.


Chapitre V-III:
Au passage...
- Hmm?
- Kaya Fitzermann.
- Quoi Fitzermann?


Je les laissais avec ce seul détail alors que je répondais à la question en me pointant du doigt. Ils réfléchissaient tous les trois à ce qui venait de se produire avant que je n'entende la femme qui était entre les deux s'approcher de moi, hors d'elle.

Espèce de sale-...
- Il est vivant!


Elle s'arrêtait alors dans sa lancée, en ne constatant que ma démarche convaincue. C'était le seul moyen de le voir, et bizarrement, les seuls qui ne semblaient pas comprendre la réaction étaient ceux qui se trouvaient au dessus de la police. Malheureusement, les seuls qui avaient affrontés les passés du véritable danger, étaient les officiers sur lesquels ils essuyaient sans remords leur chaussures de villes. Le FBI n'était qu'une bande d'incapable comparé à la police de Los Angeles. Mais surtout, nous étions tous sans danger pour les vestiges de la Per Sempre.

Je trouvais un taxi qui souhaitait bien me ramener dans les hauteurs de Richmann, là où je pourrais dormir confortablement après une nouvelle soirée agitée. Le conducteur discutait de tout et de rien. De ses deux fils qui avaient profité de la plage de Marina avec leur innocence. Se sa femme qui attendait une fille depuis maintenant six mois. Ils l'appelleraient Eva, et il étaient heureux que ce nom ne soit pas si répandu que ça à Los Angeles. Mais malgré toute la bontée du trentenaire à maintenir la conversation, mes songes ne quittaient pas la chambre d'hopital. A réfléchir comment faire pour protéger un cul qui valait une bonne malette de billets verts. Puis je descendais du taxi sans remercier mon chauffeur. Lui laissant la monnaie sur la somme à payer.

Je poussais la porte d'entrée, écoutant la musique qui régnait dans le bar où mon père discutait avec Ethan. Il me semblait que ça faisait une éternité que je ne l'avais pas vu. Mais je n'étais pas pressé. Laissant mes chaussures sur le paillasson, trainant des pieds le long du couloir. C'était allumé en haut, une chanson de fillette était masqué par les rires des hommes de mon père. Et puis un verre heurtait le sol avant que je ne relève les yeux. Il me fixait sans cligner des siens. Ne sachant plus quoi faire, son cerveau s'était mis en veille en me regardant là, sans bouger. Ses mains à hauteur de taille. Son visage marqué par sa vie de merde, et pourtant, il pleurait en face de moi. Les hommes de mon père étaient arrivés arme en main, s'arrêtant à l'entrée du bar.

Je distinguais derrière eux, des cheveux blonds délimitant une petite taille. Et en face de moi, sa voix ne quittait pas ses cordes vocales. Par respect, j'annonçais à tout le monde mon retour.

Je suis rentrée...

C'était trois fois rien, et pourtant ses yeux brillaient. La vie lui prenait le visage, embrassant son âme. Son sourire derrière ses larmes ne cachait rien. J'étais heureuse de le voir, et lui aussi.





Dernière édition par Δ2 le Lun 30 Oct 2017, 23:30, édité 5 fois



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Re: Kaya Fitzermann - 4e Partie - Resurrection

le Mer 25 Oct 2017, 19:51
Un s'en va... Une autre revient. On s'amuse putain.
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Re: Kaya Fitzermann - 4e Partie - Resurrection

le Mer 25 Oct 2017, 22:06
Premier chapitre posté.

Rip Jason.



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Re: Kaya Fitzermann - 4e Partie - Resurrection

le Mer 25 Oct 2017, 22:10
Tant de haine.
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Re: Kaya Fitzermann - 4e Partie - Resurrection

le Jeu 26 Oct 2017, 16:10
@Azelat a écrit:Tant de haine.

C'est pas totalement faux.

Chapitre 2 envoyé; on y découvre pas grand chose, juste un papa gâteux.



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Re: Kaya Fitzermann - 4e Partie - Resurrection

le Sam 28 Oct 2017, 15:14
Chapitre 3 posté.

En lien direct avec le chapitre 2 de Jason Hawks



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Re: Kaya Fitzermann - 4e Partie - Resurrection

le Sam 28 Oct 2017, 15:24
Kool !! \o/
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Re: Kaya Fitzermann - 4e Partie - Resurrection

le Lun 30 Oct 2017, 15:00
Chapitre 5 posté.



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Re: Kaya Fitzermann - 4e Partie - Resurrection

le Lun 30 Oct 2017, 23:31
Comment solder un chapitre.

Dernier chapitre de la partie 4 de Kaya.

La bise.



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